Quand Green Peace jette des éleveurs en pâture pour faire sa pub

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Dans un communiqué, la FNSEA et JA dénoncent l’opération de communication divulguée en début de semaine, qui cible encore une fois les élevages. 

« Greenpeace, qui agit, de son point de vue, « selon les principes de la non-violence », vient de publier le nom de plus de 4 000 agricultrices et agriculteurs travaillant sur des exploitations que l’association dénonce comme des « fermes-usines ». Comment qualifier la dénonciation publique d’agriculteurs qui exercent leur métier dans les règles de l’art, au seul motif que la taille de l’exploitation ne correspond pas à la vision qu’a Greenpeace du « modèle agricole » ?

Dénoncer et jeter à la vindicte populaire des noms d’agriculteurs, des noms de ferme, des adresses, des lieux de vie, est violent. Extrêmement violent ! Une violence insupportable. Derrière les slogans ou les cartes publiées, nous osons rappeler que ce ne sont pas des conglomérats ou des holdings impersonnels, mais des femmes, des hommes et leurs enfants qui sont pointés du doigt et stigmatisés. UDSEA et JA 37, avec la FNSEA et JA, entendent apporter leur soutien entier et sincère à toutes les agricultrices, tous les agriculteurs, leurs familles et leurs proches face à ces mises en cause calomnieuses, visant une fois de plus à créer une fracture entre le monde agricole et la société.

Les agriculteurs ne supportent plus ces pratiques. Ils ne supportent plus le climat nauséabond d’intrusions sur les exploitations d’élevage, d’actions violentes contre les abattoirs ou contre les boucheries. L’esprit de responsabilité de chacun, surtout des associations qui se prétendent pacifistes, aurait pourtant dû empêcher ce mode d’action que nous pensions relever d’une période révolue de notre histoire. Nous appelons d’urgence le Gouvernement à condamner avec fermeté cette forme de délation et à apporter une réponse juridique face à ces méthodes.

Ces méthodes ne sont pas les nôtres. Et nous en sommes fiers. »

 

A côté de la plaque !

Réactions/ La lecture du dossier de Greenpeace montre une vision de l’élevage français totalement caricaturée, une incompétence flagrante.

 Les soi-disant fermes usines sont, en fait, celles en installations classées dont la liste a été communiquée par le ministère de l’environnement. Ce sont beaucoup de Gaec. Les tailles d’élevage sont modestes à l’échelle de ce qui se fait à l’Est de l’UE, aux USA et en Chine. « Nous avons choisi de ne pas faire la course aux hectares, de créer de la valeur ajoutée et de l’emploi local ; nous avons un contrôle très strict et régulier de nos installations et de l’épandage, et Greenpeace nous soumet à la vindicte populaire !», se fâchent trois associés d’un des Gaec répertoriés sur la carte. « Le regroupement de plusieurs chefs d’exploitation permet de s’organiser pour avoir une vie familiale proche de celle des autres corps de métier. Le modèle d’élevage des années 1960/70 que semble regretter l’ONG, avec des femmes sans statut et une contrainte sept jours sur sept pour la famille, plus personne n’en veut !»,, rappelle Pascal Baron, pour JA 37.

La lecture du document de Greenpeace ne laisse pas de doute sur son objectif : créer à nouveau une polémique pour alimenter sa notoriété (et ses dons) en France. Le texte montre le total parti pris de l’exposé, les fausses informations. Extrait : « Biodiversité : 60 % des vertébrés sauvages ont disparu ces 50 dernières années alors que le nombre d’animaux d’élevage a plus que triplé ». Quel est le rapport entre vertébrés sauvages et élevage ? Et surtout, les données statistiques en 1970 et aujourd’hui indiquent que le cheptel est passé de 30 à 18 millions de têtes en bovins, de 9 à 6 millions en ovins et de 11,2 à 12,8 en porcins.

L’ONG lance une pétition « pas d’argent public pour les fermes-usines », mais les chiffres figurant dans le dossier de presse confirment que les exploitations concernées ont des surfaces qui restent dans le modèle de l’agriculture familiale : 30 900 € d’aide PAC pour les exploitations porcines, soit moins de 150 ha ; 79 000 € pour les laitiers, soit environ 300 ha pour 2 à 4 chefs d’exploitation.

Greenpeace accuse ces élevages d’importer des protéines mais, par ailleurs, dénonce de soi-disant « aides pour les cultures destinées à l’alimentation animale qui subventionnent indirectement l’élevage industriel ». Les maigres aides françaises à la production de légumineuses fourragères et autres protéines, que tout le monde encourage, seraient à supprimer ?  Avec de tels propos Greenpeace signe son incompétence.

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