Temps forts du Centre Val de Loire au salon de l’agriculture

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JOURNEE REGIONALE AU SIA / Matinée marathon pour la région Centre Val de Loire au Salon international de l’agriculture mardi, avec quelques temps forts et une signature pour favoriser l’introduction des produits locaux dans les menus des lycées.

Par Philippe Guilbert

Un programme matinal pour les élus et le préfet de région le 28 février. La visite a commencé avant sept heures avec un parcours au milieu des animaux et la rencontre d’éleveurs. François Bonneau, Harold Huwart président et vice-président, accompagnés de Nacer Medah préfet de région, du Draaf Jean Roque  et de Jean-Pierre Léveillard, président de la Chambre régionale d’agriculture ont pris le pouls du salon à la fraîche.

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Ambiance bon enfant malgré les difficultés ; les quelques éleveurs rencontrés ont fait bon accueil à l’exécutif régional et au représentant de l’Etat, le dialogue s’est engagé avec quelques rares éleveurs présents. Séances photos devant Jaime, prim’holstein primée du Loir-et-Cher et un enclos de Berrichon du Cher avant un arrêt marqué au stand de la FNSEA où Christiane Lambert, la présidente par intérim, a fait connaissance avec François Bonneau. Dialogue technique entre eux sur les leviers permettant partout où c’est possible, d’apporter de l’oxygène aux agriculteurs.

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François Bonneau rédige un hommage à Xavier Beulin avant de rencontrer Christiane Lambert, la présidente par intérim de la FNSEA.

Le président de la région qui a rendu hommage à Xavier Beulin a évoqué sur le livre de condoléances, « l’engagement immense (de Xavier), un homme chaleureux et visionnaire dont la vision nous aide fortement à avancer.» Avancer, la FNSEA endeuillée n’entend pourtant pas faire de trêve syndicale. A chaque candidat à la présidentielle, elle propose d’engager un nouveau souffle fort de treize mesures à mettre en œuvre dans les 200 premiers jours du prochain quinquennat (lire encadré).

Cantines des lycées et produits locaux : cette fois c’est vraiment parti !

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Signature de la convention tripartite entre le Conseil régionale, gestionnaire des 90 lycées du Centre Val de Loire, l’association BioCentre et la Chambre régionale d’agriculture. (à droite) Viviane Maurice – ici en photo avec le cuisinier du lycée agricole de Chambray-lès-Tours- livre déjà des produits laitiers dans les établissements scolaires mais souhaite une adaptation de la procédure des marchés publics pour assouplir les règles actuelles. 

C’est sur le stand de l’agence Bio que s’est déroulé le temps fort de la journée : la signature d’un protocole d’accord en faveur de l’introduction des produits des filières agricoles, conventionnelles et biologiques dans la restauration scolaire des lycées centro-ligériens. François Bonneau pour le Conseil régional, Jean-Pierre Léveillard et Jean-François Vincent président de l’association Bio Centre ont paraphé ce document où tous s’engagent à faire entrer les produits locaux à hauteur de 20% du contenu des assiettes en 2020. « Nous allons monter par pallier  estime François Bonneau, sans occulter les difficultés logistiques. Fournir régulièrement des fruits et légumes, de la viande et des produits laitiers demande du temps et des changements d’habitude, c’est très facile à dire mais c’est très complexe à réaliser. » « Les modalités d’appel d’offre sont à revoir » explique Jean-Pierre Léveillard. « Il va falloir les décloisonner pour permettre à un producteur de fournir des yaourts sans être obligé de livrer aussi le beurre et les œufs ou les pommes avec des bananes » estime Viviane Maurice, agricultrice lochoise, qui fournit déjà des produits laitiers à des cantines.

« L’achat de produits bruts en lieu et place de légumes épluchés ou même prêts cuits impose l’installation de légumeries réparties sur le territoire régional pour éviter à chaque cantine de devoir rééplucher les pommes de terre » concède François Bonneau. Autre point majeur de la réussite de l’opération et déjà engagée au lycée agricole d’Amboise et de Chambray (37), la sensibilisation des élèves contre le gaspillage alimentaire. « Notre rôle est aussi d’éveiller les lycéens à de nouveaux produits de nouvelles recettes» relève Jean-Pierre Genet, directeur des deux établissements. A Amboise, le gaspillage a déjà été réduit d’un tiers.

Aides bio : mauvaises nouvelles

Quant à la filière bio en plein boum, elle assure pouvoir tenir la cadence d’approvisionnement de ce débouché « préférentiel ». Sauf que l’envol de l’agrobiologie risque d’être un temps freiné par le tarissement des soutiens à la conversion et au maintien. L’enveloppe régionale prévue pour cinq ans a été consommée en deux ans. « Les crédits PCAE (investissements) vivent une période très difficile –dixit Nacer Medah.

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Les crédits aux aides bio ne suivent pas la demande ce qui fragilisent les installations alors même que s’ouvre des débouchés d’ampleur comme l’approvisionnement régulier des restaurants scolaires. (de gauche à droite) : Jean Roque Draaf, Nacer Medah préfet de région Centre Val de Loire, François Bonneau président du Conseil régional, Jean-Pierre Léveillard président de la Chambre régionale d’agriculture, Eric Thirouin président de la FRSEA et la tourangelle Florence Méa directrice adjointe de l’Agence Bio. .  

 Aucune augmentation n’est prévue,  il s’agit d’une enveloppe à niveau constant. » Etienne Gangneron, responsable bio à la FNSEA et éleveur bio lui-même dans le Cher, confirme une instruction des dossiers 2016 par l’administration en septembre 2017. « Il est probable que le plafond d’aide à la conversion soit abaissé. Une situation inacceptable pour les jeunes qui ont planifié leur installation avec des aides qu’ils n’auront peut-être pas. » Au diapason de Stéphane Le Foll, le préfet et le président de la région estiment que les aides au maintien ont vocation à se tarir « en sifflet » et que « les diversifications doivent trouver leur modèle économique sans subventions. » « Après une année terrible, l’agriculture régionale doit repartir avec un modèle adapté, la région veut accompagner cette mutation » conclut François Bonneau. Des discours qui ont laissé les responsables agricoles sur leur faim, car les budgets régionaux sont à bout de souffle. Dans la région, les caisses des organismes et des collectivités locales sont à sec. Seule l’Agence de l’eau aurait encore des marges de manœuvre pour engager des actions spécifiques dans ses domaines de compétences. Mais la profession craint que l’Etat, comme il l’a fait pour les chambres et la MSA, ne pompe aussi ses fonds de roulement.

Propositions FNSEA : treize mesures pour préparer l’avenir

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Treize mesures à mettre en œuvre dans les 200 premiers jours du prochain quinquennat réparties en 4 axes : Préparer l’avenir en lançant un grand plan d’investissement agricole, mettre en œuvre une politique structurée de la ressource en eau, instaurer un statut de l’agriculteur professionnel, introduire le principe d’innovation dans la charte de l’environnement et donner l’accès au très haut débit partout. Second axe : redonner des marges de manœuvre aux agriculteurs en remplaçant les cotisations sociales familles et maladies par une TVA sociale ; baisser le coût de travail salarial par une augmentation du taux du crédit impôt compétitivité emploi ; créer un outil fiscal moderne et souple pour constituer une réserve de précaution face aux aléas climatiques ; garantir des retraites décentes en les calculant sur les 25 meilleures années. Troisième point remettre de l’équité dans les filières en réformant le cadre réglementaire des relations commerciales et en refondant un projet agricole européen protecteur et conquérant. Dernier axe, sortir de l’enfermement français sur les normes en arrêtant immédiatement toute sur-transposition des normes européennes et déclasser le loup dans la Convention de Berne et dans la directive Habitat (2,8 M€ d’indemnisation en 2015).

Un salon marqué par la crise agricole : Le président de la MSA alerte sur les situations souvent désespérées des agriculteurs

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En 2016, le nombre d’appels à l’aide enregistrés sur la plate-forme téléphonique de prévention du suicide mise en place par la MSA, a plus que doublé: 2 664 contre 1 219 en 2015. C’est ce qu’a déclaré le président de la MSA Pascal Cormery en répondant à des questions de l’AFP dans le cadre du Salon de l’agriculture le 26 février. Il rappelait que l’an dernier, plus de la moitié des agriculteurs auraient eu un revenu de seulement 4 248 € par an. En 2015, ils étaient 38%. « Ceux qui ont du terrain vendent une parcelle, mangent les économies quand ils en ont, ou s’endettent encore plus », dit-il, en s’inquiétant de la « différence de traitement » entre départements pour l’éligibilité au RSA des agriculteurs. Vingt mille fermes seraient menacées de disparition en France selon ce qu’aurait affirmé Xavier Beulin, président de la FNSEA, peu avant son décès. Dans une interview à Agra Presse daté du 27 février, le président du Crédit agricole Dominique Lefebvre indique que c’est aujourd’hui, au moment de la préparation de la nouvelle campagne agricole, que les situations les plus difficiles vont apparaître. Il évoque 2 à 3% des exploitations qui sont en « risque fort » en constatant que les centres de gestion, avec leurs données, estiment ce niveau deux fois plus élevé. Pour Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération Paysanne, la baisse du nombre de paysans est comparable à un « plan social ».

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