Agroécologie pratique : L’essentiel de Touraine Cultures et Fourrages 2016

Le désherbage des blés tendres butte sur la réduction des molécules utilisables et l’apparition de résistances d’adventices coriaces (vulpin-ray grass). six vidéos thématiques à suivre.

L’essai de la plateforme grandes cultures de la chambre d’agriculture sur la ferme du lycée de Fondettes combine différentes méthodes au-delà du seul désherbage chimique. Le désherbage des blés tendres butte sur la réduction des molécules utilisables et l’apparition de résistances d’adventices coriaces (vulpin-ray grass). L’essai de la plateforme grandes cultures de la chambre d’agriculture sur la ferme du lycée de Fondettes combine différentes méthodes au-delà du seul désherbage chimique. « Nous associons à la fois le décalage des dates de semis à des densités différentes de peuplement de blés pour observer l’effet sur la flore concurrente » observe Franck Paineau. Décaler après le 25 octobre la date de semis réduit de 2 à 3 fois le nombre de ray-grass au mètre carré. L’effet densité de peuplement est peu visible (300 grains comparé à 200 g/m2) en revanche, le port dressé d’un Fructidor laissera passer davantage de lumière propice aux adventices et à leurs talles qu’un Beauregard au port étalé. « En fait, nous revenons à des fondamentaux agronomiques, y compris en réintroduisant le labour poursuit le conseiller de la chambre d’agriculture. Le labour réduit notablement le nombre d’adventices résistantes et par conséquent, le stock l’année suivante.»

Face aux adventices coriaces : d’abord associer les leviers agronomiques

En prolongement de ces essais désherbage, la chambre d’Indre-et-Loire poursuit deux autres essais innovants d’associations de cultures.
En implantant un trèfle souterrain à n-1 à la faveur d’un semis de colza, la légumineuse est conservée l’année suivante sur blé. Par sa présence pérenne, le trèfle concurrence les adventices et stocke de l’azote. Ainsi, quand un blé sans trèfle présente 20 unités de reliquats, la parcelle en association blé-trèfle affiche plus du double, 45 unités soit un gain gratuit de 25 unités. « Le blé s’accommode bien de son compagnon » constate Marion Guillot, conseillère de la chambre d’agriculture affectée à la Champeigne tourangelle. « Le challenge réside dans une bonne conservation de la légumineuse pérenne mais en réussissant le contrôle efficace des adventices. »

Du trèfle pérenne dans le blé tendre

En colza aussi, l’association avec une légumineuse pourrait être prometteuse

 

L’autre essai présenté cherche, là encore, à trouver de l’azote gratuit disponible au bon moment mais dans un angle « taux de protéines du grain ». Cette conduite innovante est illustrée par une association réussie féverole-blé. En 2016, les protocoles explorent l’intérêt d’une association blé-pois et blé-gesse libérant de l’azote au printemps. La féverole détruite plus tard, prend le relais en libérant, comme l’espèrent les conducteurs de l’essai, des unités en fin de cycle ; « la montée d’azote au stade post-floraison agissant sur l’augmentation du taux protéique final sans avoir à sortir de semoir à engrais » souligne Christophe Bersonnet, conseiller du GDA Not.

Conduite innovante de l’azote

Sur le pôle fourrage, focus sur les associations céréales-protéagineux dans l’objectif de production de protéines sur l’exploitation  pour le bétail et notamment les vaches laitières. Outre l’intérêt économique direct par la réduction des achats de concentré azoté, les méteils enrichissent les sols en azote. L’essai présenté par Denis Thomas comprend un maïs semé après deux passages de strip till juste après la récolte du méteil. En situation hydrique difficile (risque de manque d’eau), la chambre d’agriculture teste une alternative à savoir : le semis avec le méteil d’un mélange ray-grass hybride trèfle violet prenant le relais après la récolte du méteil.

Le mariage réussi du maïs et du méteil

 

Parmi les nombreuses variétés nouvelles émergeant tous les ans du catalogue officiel, deux sortent du lot et s’accordent juste à la problématique réduction phytos et taux de protéines ; toutes deux sont issues de la recherche RAGT. Comme le commente Agnès Tréguier venue d’Arvalis Ouzouer (41) pour animer l’atelier variétés de blés tendre, RGT Césario offre un profil à la fois résistant mosaïque mais aussi maladies fongiques comme le montre la micro-parcelle non traitée (voir vidéo). Un avantage certain au moment où les agriculteurs cherchent à maintenir le potentiel de rendement tout en réduisant l’IFT. Le profil technologique de RGT Venezio présente une teneur en protéine supérieure à rendement égal aux autres variétés. Classée 8 au critère GPD, voilà un blé qui va plaire à la fois au meunier et à l’agriculteur.

Variétés de blés tendre: deux nouvelles qui sortent du lot

 

 

 

 

 

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